Cheffe de famille, travailleuse et étudiante: à la rencontre d'une maman du quartier

28080427 10159950633805331 1666283189 oCrédit photo: Andéranne Couture

 

La persévérance scolaire, ça concerne aussi les adultes. Andréanne Couture vient tout juste de terminer son baccalauréat en travail social, après plusieurs années à jongler avec les rôles de mère, travailleuse et étudiante. Elle a accepté de répondre à quelques questions pour nous!

Andréanne, à quoi a ressemblé ton parcours scolaire?
Après le secondaire, j’étais convaincue que je devais être policière, mais je n’ai pas passé les tests, donc je suis allée en sciences humaines sans math. Je n’étais pas motivée et j’ai coulé des cours, je suis donc allée en accueil et intégration. J’ai commencé une technique en éducation spécialisée et j’ai beaucoup aimé ça. Pour la réalisation de mes stages, j’ai eu l’opportunité d’aller en France puis en Suisse. Ça a été une super belle expérience. Je n’étais pas la meilleure à l’école, mais j’ai eu le certificat de la meilleure élève de ma cohorte, grâce à ces stages et mon implication au cégep. Mes stages m’ont donné la piqûre du voyage, je me suis donc inscrite à une attestation d’études collégiale en coopération internationale. Après avoir terminé, j’ai pris un congé sans solde de mon travail et je suis partie au Burkina Faso comme.

Je suis restée plus longtemps que prévu et à mon retour, je voulais déjà repartir. J’ai donc pratiqué mon anglais et je suis repartie avec un organisme anglophone pour 3 mois au Cameroun. À mon retour, j’ai réappliqué à des postes similaires, mais je me faisais dire que je devais avoir un bac. J’ai voulu m’inscrire en travail social, mais les inscriptions étaient déjà passées, donc je me suis inscrite au certificat en animation et recherche culturelle. J’ai alors eu mon premier enfant et je me suis inscrite au bac en travail social. Le fait d’avoir un travail flexible au Groupe Paradoxe m’a beaucoup aidée durant mes études.

As-tu eu des moments où tu trouvais cela trop difficile? Où tu as voulu abandonner?
Oui, surtout que j’ai commencé mon bac avec des sessions à temps-plein et que j’ai vécu une séparation peu après avoir eu ma deuxième fille. C’était trop pour moi et je suis donc allée rencontrer la directrice de programme pour lui exposer mon problème et on a exploré mes options. J’ai ralenti mon rythme, j’en ai aussi parlé à mon patron, pour pouvoir ajuster mes horaires. Comme cheffe de famille, étudiante et travailleuse, chaque fois que je commençais une session, je capotais. J’avais trois rôles très importants dans ma vie et il n’y en avait pas un que je voulais mettre de côté. J’ai dû lâcher prise sur mon niveau de performance. Le milieu universitaire peut être très compétitif et ça ne faisait que me rajouter du stress de plus. 

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Crédit photo: Andréanne Couture

 

Y-a-t-il des organismes dans HM qui t’ont aidée dans un de tes rôles? Comme étudiante, comme mère, comme travailleuse?
Quand je suis déménagée dans Hochelaga, j’étais découragée parce que je suis tombée sur un mauvais logement. Mais j’ai finalement eu accès à une coopérative et je me suis rapprochée de la vie communautaire. J’ai commencé à fréquenter la Maison à Petits Pas et je me suis rendue compte qu’il y avait beaucoup de services; j’ai pu rencontrer beaucoup de monde et me suis faite beaucoup d’amies. Durant ma première année comme mère monoparentale, j’ai eu du mal à payer toute la facture du camp de jour. Après avoir partagé sur Facebook que je trouvais que c’était cher pour une mère dans ma situation, des parents se sont mobilisés pour payer la différence. C’était vraiment un beau geste d’entraide entre parents! J’ai ensuite commencé à m’impliquer au Comité de parents 200 portes HM. Ici, je me sens bien dans mon quartier, je ne me sens pas pointée du doigt, je me sens égale à tout le monde, il y a beaucoup d’entraide.

Si tu avais à donner un conseil à un parent qui veut finir ses études ou les poursuivre, ce serait quoi?
Ne te décourage pas et n’hésite pas à aller chercher de l’aide. Des fois on pense que personne ne comprend notre situation, mais finalement il y a d’autres personnes qui vivent la même chose. Il ne faut pas lâcher ses amis et utiliser son réseau! Parfois à l’école il y a des comités de parents, il y a des ressources et il faut les utiliser. Parfois les milieux scolaires offrent des services adaptés pour les parents. Il y a plein d’haltes-répits et de cuisines collectives dans le quartier.

Je conseillerais à tous les parents-étudiants-travailleurs de participer aux cuisines collectives!

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La Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve
1691, boul Pie IX, local 406
Montréal, Qc
Tél : 514 523-5395 p.205/206
www.ltqhm.org

Crédit photo : Mélanie Dusseault photographe / LTQHM